Oui, parce qu'il faut être logique: Pour être perdu, il faut déjà avoir un endroit ou aller. Ce qui n'était absolument faux dans le cas de Marie. Perchée sur le dos de son étalon, elle errait depuis une bonne demi heure entre les étals sans but précis. Kalary s'était envolé pour Faranth seule sait où, mais elle ne se faisait guère de soucis pour lui. Un battement de cil et toutes les jeunes filles du Fort s'empresseraient de l'aider.
Relevant la tête, Marie considéra le ciel un moment. Pas de dragons en vue, mais l'horizon était couvert de nuages gris assez menaçant. On avait beau rentrer dans le printemps, le ciel ne se découvrait pas. Et ce froid! La jeune femme n'avait jamais rien connu de tel. Il vous gelait jusqu'aux os, jusqu'à la moelle. Imaginez la surprise des deux frangins et de leurs montures respectives lorsqu'à leur arrivée ils eurent de la neige jusqu'aux genoux!
Enfin, la surprise était passée maintenant. Et une fois muni de la tenue de circonstance ( a savoir, un pull, un manteau épais et une écharpe. Euh, non: DEUX pulls, un manteau
très épais et elle avait arrêté de compter les écharpes), Azuria était un Fort sympathique.
Tirant sur les rênes de Dandy qui lorgnait d'un peu trop près un étal de légumes verts, Marie reprit son errance, dans l'espoir de mettre la main sur son frangin au mieux, sur un truc intéressant au pire. Ne trouvant ni l'un ni l'autre, elle s'arrêta dans une petite place, s'acheta un petit truc à manger à un marchand fort aimable qui refusa catégoriquement de lui faire un prix et s'installa sur un banc de pierre non loin, son étalon se morfondant de ce Fort trop bien entretenu où aucune herbe folle ne trainait.
Une fois rassasiée, Marie étendit les jambes et se mis à envisager les différentes possibilités qui s'offraient à elle. Depuis leur arrivée, son frère et elle se débrouillaient sans trop de mal, dormant dans une grange non loin, et accomplissant divers petits boulots à droite à gauche. Soit ils continuaient ainsi jusqu'à économiser assez pour s'établir vraiment, soit ils reprenaient la route...et le seul endroit "civilisé" sur ce continent était le Weyr d'Azuria. Ils n'étaient jamais allés dans un Weyr... Mais y aller pour se faire virer à coups de pied aux fesses parce qu'il n'y avait pas de place pour deux voyageurs errants n'était pas une perspective réjouissante.
Marie soupira en enfouissant sa main dans l'épaisse crinière de son coureur. La vie était parfois trop compliquée. Le mieux était de s'étendre un peu et de ne penser à rien... Même si quelqu'un approchait du banc.
... Comment ça quelqu'un approchait du banc?!
[Vienne qui se sent le courage de me supporter

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