K’rim hocha imperceptiblement de la tête à la réponse de son aîné : il n’avait jamais imaginé que D’kar puisse reprendre l’entièreté des textes. Le travail, titanesque d’après ce que le Glaçon avait pu voir, aurait nécessité plusieurs soigneurs de dragons à plein temps sur plusieurs périodes.
Mais rien qu’à à eux deux, ce serait déjà cela et ils pourraient corriger les grands vides qu’il y avait dans l’ouvrage. Leurs connaissances des dragons avaient bien avancées depuis le jour où ce harpiste au nom ancien avait rédigé ces textes et personne n’avait jamais pensé à les compléter : tout était si évident, si certain que c’était aberrant de vouloir perdre du temps dessus.
Mais K’rim savait que si eux, Chevaliers, connaissaient bien les dragons, il n’en était pas de même partout sur Pern et, si les gens apprenaient à mieux les connaître au travers de Ballades tirées de ce bouquin revu par eux, ils auraient moins peur… Ekkoth était toujours très perturbé lorsque les gens avaient peur de lui et son maître s’était promis d’essayer d’y remédier. Il n’aimait pas voir les grands yeux bleus de son ami se teinter de jaune.
« Cela va de soi. » répondit-il simplement.
« Je vais en parler à l’Aspirant M’lor aussi. Il connaît le sujet et il n’a rien d’autre à faire. »Pauvre M’lor. K’rim plaignait l’homme coincé au sol par un bronze souffreteux et maladif. Que cela devait être pénible et douloureux pour lui, avoir marqué un bronze et vivre dans l’angoisse de le perdre… K’rim se félicita une fois encore de la bonne santé de son Ekkoth, vigoureux et fort malgré sa petite taille.
« Je te rejoins. Je passe le voir maintenant à l’Infirmerie. Ekkoth me dira où tu es. » Les mains dans les poches et le bouquin calé sous le coude, l’Aspirant-bleu s’en alla d’une démarche chaloupée vers le couloir le plus proche. Ekkoth l’attendait déjà dehors, prêt à l’emporter rapidement vers l’Infirmerie pour lui épargner le long chemin.